Share Migration Series 
Buzzeum a publié récemment un billet présentant la nouvelle exposition de la Phillips Collection : Share Migration Series . Un élément intéressant s’y trouve et je me permets donc de reprendre l’information.

L’exposition présente les œuvres de Jacob Lawrence, premier artiste afro-américain a être exposé dans un musée de ce pays, pour lancer le débat sur la problématique des migrations. A première vue, cette exposition paraît être classique, avec un site internet donnant les informations sur l’artiste, son œuvre, sa vie marquée entre autres par divers déplacements... Mais l’originalité se situe dans la possibilité qu’ont les visiteurs et les internautes de laisser leur témoignage sur leur propre expérience de migration. Quelles soient joyeuses ou difficiles, ou qu’elles datent du 20ème ou du 21ème siècle, les notes laissées par les visiteurs ne laissent personne indifférent. 2000 caractères sont laissés à chacun pour exprimer leur vécu.

En utilisant les possibilités du monde 2.0, cette exposition met en avant le côté humain des migrations et assume entièrement son rôle social. Par les témoignages, c’est la réalité de notre monde qui est exposée, non pas dans une optique voyeuriste mais plutôt éducationnelle et informationnelle. Ouvrir les yeux sur autrui est la première étape de la compréhension et du respect. Les œuvres de Jacob Lawrence, constellées d’autres histoires humaines, nous rappellent qu’il faut parfois éviter que le passé ne se répète et que l’expérience des uns servent aux autres. Ce sont donc finalement le passé, le présent… et je pense un peu d’espoir qui sont réunis dans cette exposition.


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Animer l'inanimé. 
On connaît, et plusieurs musées l’ont déjà utilisé, le moyen de tourner les pages d’un livre digitalement. Voici maintenant un logiciel permettant d'animer une image fixe, du moins partiellement.
Un chercheur, Volker Blanz, a mis au point un programme permettant de donner vie à des images 2D. En effet, sur base de photographies (d’un personnage, d’une peinture…), il peut, par exemple, animer une bouche et donner l’impression que le personnage parle.
C’est évidemment le caractère ludique de cette application qui doit être retenu. La découverte de Volker Blanz ne révolutionnera ni le monde informatique, ni le monde muséal, mais peut-être mettra-t-elle un peu d’animation et de vie dans certaines salles d’expositions. Peut-être aussi que certaines idées intéressantes naîtront de cette nouvelle possibilité.
Une petite vidéo avec quelques exemples a été réalisée.
Pour quelques liens supplémentaires, vous pouvez cliquer ici, ici ou encore ici

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Mémorial de Caen: 9/11 exposé 


Ce jour là, j’étais chez ma mère, mise KO par une mononucléose et somnolente dans un divan avec la télévision en bruit de fond. Soudain, j’entends des commentaires totalement invraisemblables accompagnés d’images tout aussi irréelles. Deux jours plus tôt, le Commandant Massoud avait péri dans un attentat. Il était là le lien avec le réel. Fin de la fiction.

Et vous, où étiez-vous ?

Le 11 septembre. Voilà une date devenue universelle. Qui ne se souvient de ce qu’il faisait le 11 septembre 2001 ?

Le Mémorial de Caen, la Cité de l’Histoire pour la Paix, propose jusqu’au 31 décembre 2008 une exposition des plus audacieuses autour de 9/11 organisée avec le New York State Museum sur base de documents d’archives provenant du Rapport de la commission d’enquête chargée d’examiner les faits. En marge de l’exposition, la boutique du mémorial propose de nombreux ouvrages consacrés au 11 septembre ainsi qu’ « A l’ombre des tours mortes », le livre-objet du brillant Art Spiegelman.


L’audace de cette exposition-événement réside tout d’abord dans le choix de la thématique. Le 11 septembre est un sujet extrêmement politique et polémique, où sur fond de tragédie, des visions totalement divergentes s’affrontent à coup de doutes, de fantasmes et de projets chimériques. Les uns louent ceux qui ont mené les actions comme l’illustrent malheureusement certains tags qui fleurissent dans les villes. D'autres ressuscitent la logique des croisades. Sans compter ceux qui cherchent à rassembler les preuves d’un grand complot made in US. Tout semble avoir été dit et pourtant le monde reste intarissable sur cet événement obsédant comme une chose horrible dont on ne peut pourtant détourner le regard.

Depuis près de sept ans, le 11 septembre fascine et comme un aimant, il a tiré à lui le sens de l’Histoire. Traiter un thème aussi marquant et aussi vivant dans les esprits représente un défi muséologique que l’on peut difficilement comparer à d’autres initiatives portant sur les périodes plus sombres de l’Histoire. Si l’on examine par exemple la muséalisation de la Shoa, on constate en général que les efforts portent avant tout sur le devoir de mémoire. Dans le cas de l’exposition présentée actuellement au Mémorial de Caen, au contraire, les événements sont bien présents dans l’esprit des contemporains et c’est plutôt un décryptage des faits qui est proposé.

Déjà très critiquée par certains médias politiques de la Toile, l’exposition est aussi présentée dans une version numérique étonnamment complète et plutôt attractive. Cette « bande-annonce » met en avant les quatre parties de l’exposition que sont :

-« L’avant 11 septembre » :l’histoire du WTC et des Twins Towers, mais aussi la biographie des auteurs et les ramifications d’Al Qaeda

-« Le 11 septembre » : la chronologie des événements, les avions et leurs cibles, l’évacuation des tours, des témoignages,..

-« L’après 11 septembre » : le bilan, les fouilles et la guerre en Afghanistan.

-« Vos réactions » : la partie certainement la plus singulière de l’exposition. L’audace s'exprime ici à travers les moyens mis en oeuvre pour permettre l’interactivité avec les personnes concernées car on accède ici à un mur numérique où l’on peut lire et déposer des messages comme ceux qui étaient accrochées aux grilles qui entouraient le site de Ground Zero. Et pour faire écho au dernier billet d’Alexis Sonet concernant l’anonymat et ses conséquences sur le contenu des blogs, on comprendra que les organisateurs aient opté, à juste titre me semble-t-il, pour un filtrage des messages par un modérateur.





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Blogs et échanges sont ils synonymes ? 
Une lectrice du blog Mariemont 2.0 nous a fait part de certaines critiques via le lien Contactez-moi . Espérant un dialogue constructif, nous avons écrit une réponse expliquant pourquoi nous avançons dans le numérique et pourquoi Internet nous paraît être important pour les musées.
Nous pensions et espérions donc un dialogue constructif ouvert. Mais à notre grand regret, l’adresse mail mentionnée était fictive. Quelqu’un s’est retranché derrière une fausse adresse. Par son anonymat, cette personne critiquant le numérique est, en quelque sorte, elle-même tombée dans le virtuel !

Nous avons cependant tenu à rendre public le mail et la réponse (dont vous pourrez lire la totalité ci-dessous) dans le but de questionner les blogs et leur utilité.
Ces blogs, qui peuvent être des lieux d’échanges constructifs, risquent-ils de devenir des lieux d’échanges de coup bas et d’injures sans possibilité d’explication ? Quel est l’intérêt de critiquer sans attendre une réponse ? Est-ce l’anonymat que peut procurer Internet (et les blogs en particulier) qui donne le « courage » d’exprimer ce qu’on pense ? Les blogs sont-ils finalement des lieux de communication uni ou bilatéral ?

Mais assez disserté, voici le mail et la réponse qui aurait dû être renvoyée.

Mail :

/Le dimanche, juillet 20, 2008, 01:16 PM, Walter a écrit:/

Vous passez votre temps à faire du creux, du vent. C'est la culture du vide en puissance. Le musée est par essence, comme l'affirme Walter Benjamin, le dernier bastion du réel. Ce bastion où l'on peut démentir la réalité. le musée c'est cette prise de risque. sortez de vos mondes virtuels qui sont fades et aussi plats q'un écran LCD. Vous êtes ce genre d'orateurs, des joueurs de flûte de Hamelin, qui font croire aux "nouvelles tendances" qu'il faut suivre docilement car si vous ne les suivez pas, vous paraissez comme obselète. Votre travail consiste à porter votre regard et votre passion sur les collections. C'est elles qui renferment l'évasion et l'étonnement. le fameux "ah" de Walter Benjamin. Quittez le confort de vos bureaux et rendez-vous dans vos réserves. Vous seriez étonnés des trésors que contiennent ces cabinets de curiosité.

Une très grande amie des Musées et aussi de ce cher Raoul.

Réponse :

Madame,

Tout d’abord, nous voudrions vous remercier pour votre réaction. Elle prouve que vous n’êtes pas indifférente à l’évolution muséale. Mais nous voudrions expliquer nos motivations qui nous poussent à utiliser le numérique.

Vous devez en premier lieu savoir que le monde numérique tel qu’utilisé par les musées n’est jamais séparé des objets réels. Ces derniers restent et resteront la base du travail muséal. Ce sont toujours les œuvres réelles qui sont numérisées ; œuvres qui restent évidemment toujours visibles « en vrai » dans nos murs.
Vous craignez que nous perdions de vue nos réserves ? Que du contraire : elles sont bien plus prises en considération qu’auparavant (réorganisation des réserves, conservation préventive…). Des personnes y travaillent d’ailleurs tous les jours afin de ranger, dépoussiérer, classer, étudier et aussi numériser les œuvres conservées. Dans quel but ? Vous faire découvrir ces trésors que contiennent nos réserves. Tous ces objets numérisés devront, à terme, être placés sur le net. Nos collections, réserves inclues, seront donc d’une certaine manière accessibles au monde entier.

Suivre cette tendance du virtuel, n’est pas pour nous une obligation. Ce n’est pas non plus juste pour faire comme les autres. Nous voulons suivre cette voie simplement parce qu’elle constitue un nouveau moyen de communication qui touche un plus large public. Les musées ne peuvent plus se contenter d’attendre les visiteurs. Pour vivre, ce sont les musées qui doivent aller vers eux. Internet et ce qu’on nomme traditionnellement le virtuel nous permet tout simplement de le faire.

Walter Benjamin a dit que les musées sont par essence le dernier bastion du réel ? Nous le restons ! Simplement, nous avons étendu nos activités vers un autre monde. Nous nous battons toujours pour la culture, l’art et l’Objet au sens large, seulement, nous utilisons tous les moyens qui sont à notre disposition : le réel comme le numérique, sans aucune hiérarchie entre eux.

Nous espérons qu’à la lecture de ces quelques lignes les motivations du musée face au numérique vous sont plus claires et que vous comprendrez que les musées œuvrent toujours pour les mêmes buts : la conservation et la diffusion de ses collections.




N’hésitez pas à donner vos commentaires : nous n’attendons que ça !


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Le MofAA : un musée virtuellement réel ou réellement virtuel ? 


Voici un nouveau musée qui pourrait faire bientôt parler de lui : Le MofAA (comprenez Museum of Art for the Art). Tout en donnant une adresse réelle, le musée, financé par Corbis et dont la collection se compose de photographies et d’affiches, existe uniquement sur le net. Les œuvres ne sont donc visibles que sous format numérique. Malgré cette existence uniquement digitale, le musée agit comme les autres, c’est-à-dire qu’il achète des œuvres, qu’il monte des expositions et … qu’il fait payer ses visiteurs. Ils ont d’ailleurs organisé ce musée « virtuellement réel » en plusieurs niveaux qui correspondent aux différents types de visiteurs : le niveau « libre accès », le niveau « membres » et le niveau « bienfaiteurs ». Un schéma a d’ailleurs été réalisé pour bien visualiser ces catégories.

Les expositions, en tout cas celles du niveau « libre accès », sont assez simples mais efficaces: des slides, sur fond musical avec quelques commentaires qui vous plongeront directement dans une ambiance particulière. Une petite dizaine de photographies sont présentées dans chaque exposition.

Finalement, l’idée est intéressante, mais plusieurs questions se posent : combien faut-il payer pour avoir accès à toutes les expositions (je n’ai toujours pas eu de réponse de leur part) ? Achètent-ils uniquement les droits ou aussi les œuvres réelles ? Si des œuvres réelles sont belles et bien achetées, pourquoi ne pas faire aussi un musée « en dur » ?
Le bémol du musée se situe dans l’utilisation d’Internet : aucun avantage du web 2.0 n’est utilisé. Dès lors, pourquoi faire un musée uniquement sur le net si c’est pour faire la même chose que dans un musée classique ? Ce musée aurait pu être l’occasion de tester de nouveaux concepts mais pour le moment, ce n’est pas le cas.

En bref, l’idée est bonne, mais elle est encore inachevée : il manque une innovation, mais peut-être que de futures améliorations combleront ce vide. Ils devront sans doute le faire puisqu'ils ambitionnent de devenir ni plus ni moins que le plus beau musée consacré à l’art et à la photographie au monde .



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